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La qualité de l'air intérieur : qu'est-ce que c'est ?

Quand on parle de pollution de l’air, les images qui nous viennent en tête sont bien souvent les panaches de fumée au-dessus des grandes industries, le brouillard épais jaunâtre recouvrant les grandes villes, les fumées rejetées par le trafic automobile …

Tout le monde a également entendu parler des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

En fait, toutes ces images et ces informations que l’on reçoit, presque tous les jours, renvoient à la pollution atmosphérique extérieure et ne concernent que trop peu la problématique de la qualité de l’air intérieur.

Pourtant l’intérieur de nos logements, de nos bureaux, de nos écoles, de nos commerces… est constitué de sources innombrables de pollution. Et le constat est alarmant : l’air intérieur est de 5 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur ! (OQAI 2004)

Quelles sont les sources de pollution à l’intérieur d’un bâtiment ?

La qualité de l’air intérieur est une interaction complexe et un équilibre souvent précaire entre l’air extérieur, les sources de pollution intérieures, les conditions d’aération, de ventilation et le rôle de l’occupant du bâtiment.

Les sources responsables de la pollution de l’air intérieur sont nombreuses :

  • Les produits et matériaux de construction ou de décoration : les peintures, les enduits, les colles, les vernis …
  • Les équipements et aménagements : les appareils de chauffage, de cuisson, de ventilation, les meubles, …
  • Les activités humaines : les cosmétiques, le tabagisme, le bricolage …
  • L’environnement : le radon (gaz radioactif émis par le sol de certaines régions), le trafic routier…
  • Les sources biologiques : les animaux, le métabolisme humain, certaines plantes vertes, …

Dans nos bâtiments, toujours plus étanches, la ventilation joue un rôle primordial sur la qualité sanitaire de l’air que nous respirons. Or, celle-ci est bien souvent défaillante et ne joue pas son rôle d’évacuation des polluants.

Une étude menée par l’ADEME et l’Association AIR.H sur les logements neufs et existants, a montré que 70% des logements collectifs et 60% des logements individuels n’ont pas de ventilation efficace (AIR.H, 2007) :

  • Soit ils n’en sont pas équipés du tout,
  • Soit les débits assurés sont insuffisants.

Quelles sont les conséquences sanitaires et économiques de la pollution de l’air intérieur?

Les sources de pollution de l’air intérieur étant multiples, il est parfois difficile d’associer directement des symptômes avec une mauvaise qualité de l’air. Ainsi dans les années 80, l’Organisation Mondiale de la Santé a validé le terme de « Syndrôme des bâtiments malsains » ou « Sick Building Syndrome » pour expliquer des phénomènes de gênes collectifs uniquement liés à l’occupation d’un bâtiment. Au-delà de l’aspect chronique et immédiat, une mauvaise qualité de l’air peut entraîner des affections à long terme « Building related illness », maladies avérées dues au bâtiment avec signes cliniques précis.

Ci-dessous de manière non exhaustive certaines affections et coûts associés :

  • des manifestations cliniques multiples et très variées : irritations, nausées, céphalées, pathologies respiratoires, neurologiques, cardio-vasculaires, etc. ;
  • un nombre annuel de décès par cancer du poumon qui serait attribuable à l’exposition domestique au radon en France métropolitaine qui varie de 1200 à 2900 (ASN, 2016)
  • annuellement, une centaine de décès et environ 1300 épisodes d’intoxication, impliquant environ 4000 personnes exposées, sont attribuables au monoxyde de carbone (gaz émis par un mauvais fonctionnement des appareils de chauffage) (INVS, 2012)
  • 25 à 30% de la population est touchée par les maladies allergiques dans les pays industrialisés (asthme, rhinite, conjonctivite, etc.) (INSERM, 2016)
  • des coûts liés aux effets d’une mauvaise qualité de l’air intérieur en France, calculés selon les indicateurs globaux de détriment sanitaire utilisés par l’OMS, estimés entre 12,8 et 38,4 milliards d’euros par an (OMS, 2011)